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Comment concevoir la révolution

Pas de grand soir miraculeux : l'anarchie se construit pas à pas, par des conquêtes qui affaiblissent l'autorité dès aujourd'hui.

Révolution & stratégieErrico Malatesta · années 1920Fiche · 2 min

Contexte

Ce texte appartient aux dernières années de Malatesta, sous le fascisme. Il a vu l'occupation des usines en 1920 s'éteindre faute d'aller plus loin, puis le fascisme écraser le mouvement ouvrier. Il a vu la révolution russe accoucher d'une dictature. Il en tire une réflexion sur la façon de concevoir le changement, en visant deux dérives opposées : un dogmatisme coupé du réel, qui attend le grand soir, et un opportunisme qui oublie le but.

La thèse

L'anarchie avance avec la conscience, l'organisation et la solidarité. Chaque recul de l'autorité, chaque bien soustrait à la propriété privée en rapproche. La violence reste légitime tant que le pouvoir impose sa loi par la force, mais elle ne construit rien par elle-même.

Les idées, dans l'ordre

  1. Pas de grand soir qui réglerait tout d'un coup : le changement durable est graduel, même s'il passe par des moments de rupture.
  2. Trier les réformes. Distinguer les vrais progrès, qui donnent plus de force aux gens, des réformes qui démobilisent et intègrent.
  3. Réduire les pouvoirs de l'État plutôt que changer ses dirigeants.
  4. Chaque gain arraché aux patrons est une victoire, pas une faveur à remercier.
  5. Le pragmatisme : garder les services existants (transports, hôpitaux…) tant qu'on ne sait pas faire mieux, plutôt que tout casser.
  6. Confier la vie sociale aux travailleuses et travailleurs organisés par branche d'activité.

Débats et limites

  • Le gradualisme peut être lu comme un renoncement. Malatesta répond qu'il ne s'agit pas de réformer l'État, mais de construire à côté et contre lui.

Et aujourd'hui ?

C'est la pensée qui inspire beaucoup de libertaires actuels : construire dès maintenant des contre-pouvoirs (syndicats de base, coopératives, réseaux d'entraide, lieux autogérés) qui grignotent la place de l'État et du marché. On parle parfois de « double pouvoir » ou de « préfiguration ».

À retenir

  • L'anarchie se construit au présent.
  • Seules comptent les conquêtes qui donnent des moyens d'agir.
  • Prolonge Anarchie et organisation.

Sources et pour aller plus loin

Le texte original

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Sur le web

Fiche de lecture rédigée par Mamie Commune d'après les textes de la Bibliothèque anarchiste francophone. Cette fiche est libre de reproduction.