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Bolchevisme et anarchisme

La « dictature du prolétariat » est la dictature d'un parti. Une révolution qui tue la liberté tue son propre but.

Révolution & stratégieErrico Malatesta · 1923Fiche · 3 min

Contexte

En 1917, la révolution russe enthousiasme les révolutionnaires du monde entier, anarchistes compris. Mais très vite arrivent les nouvelles de la répression des anarchistes, de l'écrasement de Kronstadt et de l'Ukraine makhnoviste, de la police politique. Luigi Fabbri, ami de Malatesta, écrit un livre, Dictature et révolution, pour en tirer les leçons. Malatesta en rédige la préface pour l'édition espagnole de 1923.

La thèse

La dictature, même « prolétarienne », est le pouvoir d'un parti sur toute la société, prolétariat compris. Elle est incompatible avec une révolution dont le but est la liberté et l'égalité. Les révolutionnaires d'Europe ne doivent pas imiter les bolcheviks.

Les idées, dans l'ordre

  1. Un conflit permanent. L'opposition entre liberté et autorité traverse toute l'histoire des révolutions : un élan populaire, puis un nouveau pouvoir qui se consolide.
  2. Les soviets confisqués. Les conseils ouvriers, nés d'en bas en 1917, ont été vidés de leur substance par le pouvoir central, sa police, son armée, sa bureaucratie.
  3. Une autocritique. Dispersés et mal organisés, les anarchistes n'ont pas su l'empêcher.
  4. Défendre la révolution, c'est abolir les classes et donner les moyens de vivre à tout le monde, pas instaurer une terreur d'État qui frappe surtout des innocents.
  5. La défense extérieure doit reposer sur des milices volontaires, pas sur une armée permanente.
  6. Aller plus loin. Une révolution arrêtée à mi-chemin ne se sauve qu'en approfondissant la liberté, pas en la restreignant.

Débats et limites

  • La défense armée : les partisans des bolcheviks répondent qu'une révolution entourée d'armées ennemies ne pouvait survivre sans centralisation. L'expérience de Makhno et de l'Espagne nourrit ce débat jusqu'à aujourd'hui.

Et aujourd'hui ?

Ce texte de 1923 est l'une des premières critiques libertaires du bolchevisme, bien avant que les crimes du stalinisme soient connus de tous. Il reste une leçon pour tout mouvement révolutionnaire : les moyens façonnent le résultat. On ne fabrique pas la liberté avec une police politique.

À retenir

  • Dictature et révolution se contredisent.
  • Une des premières critiques libertaires du bolchevisme.
  • À lire avec Emma Goldman.

Sources et pour aller plus loin

Le texte original

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Sur le web

Fiche de lecture rédigée par Mamie Commune d'après les textes de la Bibliothèque anarchiste francophone. Cette fiche est libre de reproduction.