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Douze preuves de l'inexistence de Dieu

Créateur, gouverneur, juge : Faure examine le Dieu des religions et montre que ses attributs se contredisent.

Individu & moraleSébastien Faure · 1908Fiche · 3 min

Contexte

Sébastien Faure (1858-1942) a été élevé chez les jésuites et a commencé un noviciat avant de perdre la foi. Devenu anarchiste, il est l'un des plus grands orateurs de son temps : il parcourt la France pendant des décennies pour des conférences payantes qui financent ses journaux et ses projets. Il fonde avec Louise Michel Le Libertaire en 1895, l'école libertaire La Ruche en 1904, puis dirigera l'Encyclopédie anarchiste.

Ce texte est la transcription d'une conférence qu'il a donnée des centaines de fois. Elle est publiée en 1908, trois ans après la loi de séparation des Églises et de l'État, dans un pays où le combat entre cléricaux et anticléricaux reste très vif.

La thèse

Faure ne nie pas toute « cause première » de l'univers, question qu'il laisse ouverte. Il vise le Dieu des religions, créateur, gouverneur et juge, parfait et infini, et montre que ces attributs sont incompatibles entre eux.

Les douze preuves

Contre le Dieu créateur

  1. Rien ne sort de rien.
  2. Un pur esprit ne peut pas produire la matière.
  3. Un être parfait ne produit pas une œuvre imparfaite.
  4. Un Dieu éternel et toujours actif n'a pas pu « commencer » à créer.
  5. Un être immuable ne peut pas décider puis agir.
  6. Dieu n'aurait eu aucune raison de créer, puisqu'il ne manquait de rien.

Contre le Dieu gouverneur

  1. Si la création était parfaite, gouverner serait inutile.
  2. La multiplicité des religions montre un Dieu impuissant ou injuste.
  3. L'enfer contredit la bonté infinie.
  4. Le mal prouve qu'il ne peut être à la fois tout-puissant et bon.

Contre le Dieu juge

  1. L'humain n'est pas responsable de ce qu'il est : on ne peut pas le juger.
  2. Des peines éternelles pour des fautes limitées sont injustes.

Débats et limites

  • Des arguments anciens : la plupart viennent de la philosophie (Épicure pour le problème du mal, les penseurs des Lumières), et les théologiens y ont répondu depuis longtemps. La force du texte est de les rendre accessibles à toutes et à tous.
  • La religion n'est pas qu'une croyance : c'est aussi une communauté, une culture, un refuge. Les anarchistes d'aujourd'hui distinguent la critique des institutions religieuses du mépris des croyantes et croyants, et refusent que l'athéisme serve de prétexte au racisme.

Et aujourd'hui ?

La laïcité est devenue un enjeu de débats parfois très durs, et souvent instrumentalisée contre une religion en particulier. Relire Faure rappelle que l'anticléricalisme anarchiste visait toutes les Églises et leurs alliances avec le pouvoir, et allait avec la défense de la liberté de conscience de chacune et chacun.

À retenir

  • Un raisonnement en trois séries, facile à suivre.
  • La critique religieuse rejoint la critique sociale : l'espoir du paradis entretient la résignation.
  • À lire avec Dieu et l'État.

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Sources et pour aller plus loin

Le texte original

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Sur le web

Fiche de lecture rédigée par Mamie Commune d'après les textes de la Bibliothèque anarchiste francophone. Cette fiche est libre de reproduction.