Contexte
Louise Michel (1830-1905) a été condamnée en 1883 à six ans de prison pour avoir mené, drapeau noir en tête, une manifestation de chômeuses et chômeurs à Paris. Graciée début 1886, elle publie la même année le premier tome de ses Mémoires. Elle a alors 56 ans, une célébrité immense, et une vie déjà extraordinaire derrière elle : la Commune, sept ans de déportation en Nouvelle-Calédonie, l'amnistie de 1880 et le retour triomphal.
Le projet
Ce sont des souvenirs écrits à la demande de ses proches, dans un style libre qui procède par associations d'idées, mêlant récit, réflexions, poèmes et chansons. Elle y revendique le droit des femmes à exprimer leur sensibilité, et refuse d'écrire un récit lisse de « grande figure ».
Le parcours
- L'enfance à Vroncourt (Haute-Marne) : enfant illégitime d'une servante et sans doute du fils du châtelain, elle grandit dans un vieux château en ruine, au milieu des bêtes, des veillées et des légendes, dans une famille lettrée qui l'instruit.
- Institutrice : diplômée, elle ouvre une école libre à Audeloncourt en 1853, en conflit permanent avec l'administration impériale qui la soupçonne d'être républicaine (elle refuse de prêter serment à Napoléon III).
- Paris : sous-maîtresse, précarité des institutrices, cours du soir, premiers engagements, rencontre des milieux révolutionnaires.
- Le siège de Paris et la Commune : ambulancière, combattante, membre du comité de vigilance de Montmartre.
- La déportation en Nouvelle-Calédonie, où elle enseigne aux Kanak, recueille leurs contes et prend leur parti lors de la révolte de 1878.
- Ses procès : le conseil de guerre de 1871, où elle réclame la mort ; les manifestations de 1882 et de 1883.
Devant le conseil de guerre, en décembre 1871 : « Puisqu'il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n'a droit qu'à un peu de plomb, j'en réclame une part, moi ! »
Débats et limites
- Un livre décousu, qui saute d'une époque à l'autre. Il se lit mieux en picorant qu'en continu.
- Une mémoire militante : Louise Michel raconte sa vie en révolutionnaire, et laisse dans l'ombre des pans de sa vie privée.
Et aujourd'hui ?
Louise Michel est devenue un symbole consensuel, au point que des responsables politiques de tous bords la citent. Lire ses Mémoires, c'est retrouver la révolutionnaire sans compromis, anticolonialiste, anarchiste et féministe, que la légende de la « Vierge rouge » a parfois effacée.
À retenir
- Un témoignage direct sur le Second Empire et la Commune.
- La femme réelle derrière la « Vierge rouge » de la légende.
- Un livre composite, vivant, à picorer.
Le texte complet est sur Mamie Commune. Lire en ligne ou ouvrir le PDF.
Sources et pour aller plus loin
Le texte original
- Le texte complet sur Mamie Commune, à lire en ligne ou en PDF.
- « Mémoires » sur la Bibliothèque anarchiste : le texte intégral, aussi en PDF et en livre numérique (EPUB).
Lire
- La Vierge rouge. Biographie de Louise Michel, Xavière Gauthier, Éditions de Paris.La biographie de référence.
- Vive Louise Michel !, Sidonie Verhaeghe, Éditions du Croquant, 2021.Comment on a fabriqué, et parfois trahi, sa légende.
- La Vierge rouge, Mary M. Talbot et Bryan Talbot, Sarbacane, 2016.Une bande dessinée sur sa vie et sa déportation.
Regarder
- Louise Michel, la rebelle, Sólveig Anspach, 2010.Ses années en Nouvelle-Calédonie, avec Sylvie Testud.
Sur le web
- Louise Michel sur WikipédiaUne biographie complète.
- Les femmes de la CommuneNotre dossier.
Fiche de lecture rédigée par Mamie Commune d'après les textes de la Bibliothèque anarchiste francophone. Cette fiche est libre de reproduction.