Contexte
Libertad publie ce texte en avril 1906 dans l'anarchie, en pleine campagne pour les législatives de mai. Avec ses camarades, il va dans les réunions électorales pour « porter la contradiction » : prendre la parole face aux candidats pour dénoncer le vote. Ces interventions finissent souvent en bagarres.
La thèse
Voter, c'est choisir volontairement un maître. Les candidats vendent du rêve, et les électeurs aiment être trompés. La réponse cohérente est de combattre le vote, les lois et les élus.
Les idées, dans l'ordre
- La magie des affiches : elles transforment des politiciens douteux en modèles de vertu.
- Le public préfère les mensonges agréables aux vérités dérangeantes.
- Le contradicteur est hué, frappé, expulsé.
- Les comités chauffent la salle et protègent l'orateur.
- Ni dieux ni maîtres, même élus.
Débats et limites
- Le mépris du « bétail » peut faire fuir celles et ceux qu'on veut convaincre, un reproche souvent fait à Libertad.
Et aujourd'hui ?
Les meetings ont été remplacés par les plateaux télé et les réseaux sociaux, mais la mise en scène décrite par Libertad n'a guère changé : communicants, slogans, foules chauffées, contradicteurs exclus. Le texte est un bon exercice pour regarder une campagne avec un œil critique.
À retenir
- Voter, c'est se donner un maître.
- Un témoignage vivant des réunions électorales de 1906.
- Série « bétail » : voir aussi Le Bétail patriotique.
Sources et pour aller plus loin
Le texte original
- « Le Bétail électoral » sur la Bibliothèque anarchiste : le texte intégral, aussi en PDF et en livre numérique (EPUB).
Lire
- Le criminel, c'est l'électeur !Notre fiche : l'autre texte anti-électoral de Libertad.
- Les En-dehors, Anne Steiner, L'Échappée, 2008.Les « contradicteurs » de l'anarchie en action.
Sur le web
Fiche de lecture rédigée par Mamie Commune d'après les textes de la Bibliothèque anarchiste francophone. Cette fiche est libre de reproduction.